30/11/2025 francais.rt.com  3min #297665

Rdc : le prix Nobel Mukwege appelle à une paix véritable après les accords de Washington et Doha

© Moses Sawasawa Source: AP

Le candidat de l'opposition à la présidence et lauréat du prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, salue ses sympathisants à son arrivée pour un rassemblement à Goma, en RDC, le 2 décembre 2023. [Photo d'archives]

Le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a publié le 29 novembre sur X une déclaration critique sur les processus de paix de Washington et de Doha. Selon lui, ces accords, élaborés loin du peuple congolais et dominés par des intérêts étrangers, échouent à restaurer la sécurité et la souveraineté dans l'Est de la RDC et ignorent les victimes.

Le gynécologue et militant des droits de l'homme kino-congolais, Denis Mukwege, a dénoncé, dans un texte publié le 29 novembre sur son compte X, les processus de paix engagés à Washington et à Doha. Il a rappelé que depuis plus de 150 ans, l'histoire du Congo a été façonnée par des puissances étrangères, souvent au détriment de son peuple. Aujourd'hui encore, les initiatives de paix sont conçues dans des capitales étrangères, sans transparence, sans inclusion et sans volonté réelle de s'attaquer aux causes profondes du conflit.

Les processus de  Washington et de  Doha, dominés par des intérêts économiques et financiers étrangers, reproduisent selon lui ce schéma.

L'accord-cadre de Doha ne prévoit ni mécanismes contraignants, ni calendrier précis, ni garanties d'application, ni dispositions pour mettre fin à l'impunité. Les deux seuls protocoles initialés - le Mécanisme de libération des détenus et le Mécanisme de suivi du cessez-le-feu - n'ont pas empêché les  opérations offensives du M23 et de l'Alliance Fleuve Congo (AFC).

Denis Mukwege dénonce aussi le manque de participation et de transparence : ni les populations locales, ni les victimes, ni les acteurs congolais de paix ne sont impliqués. Il souligne que le conflit est régional, impliquant directement l'Ouganda et le Burundi, et que les accords tendent à normaliser une agression armée plutôt qu'à y mettre fin.

Une « annexion de fait » et des intérêts économiques

Le gynécologue pointe le rôle du Rwanda, qui continuerait à diriger les opérations du M23 dans les zones occupées, en violation de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon lui, les populations congolaises sont « entre le marteau et l'enclume » : un  gouvernement national affaibli et un Rwanda stratégique et structuré, utilisant notamment les FDLR pour contrôler les ressources naturelles. L'ingérence d'acteurs économiques étrangers accentue la vulnérabilité du pays et contribue à ce qu'il qualifie de « vraie annexion de fait » dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

Un appel à la souveraineté et à la justice

Pour restaurer la paix, Denis Mukwege appelle à des sanctions internationales, au retrait des forces étrangères et au démantèlement des administrations parallèles illégitimes. Il insiste sur l'inclusion totale des populations locales et la prise en compte de la dimension régionale du conflit.

« Il est temps que les Congolaises et les Congolais refusent d'être la variable d'ajustement des rivalités géopolitiques et reprennent le contrôle de leur destin », conclut-il.

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